
Le
06
AVRIL
2026
• Par
Soizic Thiébaud
Docteur en physique, je me suis orienté des énergies (fusion puis éolien) vers les réseaux électriques via un Master à Mines ParisTech. Après six ans chez Enedis en innovation data, j’ai rejoint Smartside sur un poste de Customer Success Manager, avec une dimension innovation à développer, en lien avec des clients du secteur des réseaux.
Quand j’ai découvert ce mode de fonctionnement, j’ai immédiatement accroché. Je connaissais le concept d’organisation “flat”, mais cela restait très abstrait pour moi.
L’idée de pouvoir faire ce que l’on veut, avec la responsabilité qui va avec, m’a semblé extrêmement motivante. Même les aspects parfois présentés comme des inconvénients, comme la transparence des salaires ou la responsabilisation individuelle, me paraissaient plutôt positifs.
J’ai souvenir d’avoir participé à certains jeux de rôle avec Bastoun lors des formations d’HappyWork. Puis, plus concrètement au sein de Smartside j’ai participé aux réunions de triage au sein d’un sous-cercle orienté client, composé de CSM et de Product Owners. L’objectif était clair : garantir la satisfaction client par rapport au produit livré.
Progressivement, j’ai pris plus de responsabilités, jusqu’à devenir représentant de mon cercle, puis facilitateur. Depuis, j’anime une réunion de triage chaque lundi matin, sur un format de 45 minutes, couvrant des sujets variés : clients, commercial, produit, organisation.
La capacité du cadre à faire avancer les sujets rapidement.
Grâce au format, au tour de parole et à la structuration des échanges, on parvient à clarifier et résoudre des problèmes en quelques minutes, là où cela pourrait prendre des mois ailleurs.
Quand j’ai commencé, on n’avait pas encore eu de lien avec HappyWork, donc on faisait ça comme on pouvait. Certains avaient un peu plus potassé le sujet et essayaient de nous embarquer dans l’Holacratie et la facilitation. Puis on a rencontré HappyWork et Bastoun et les choses se sont nettement améliorées.
Ce qui m’a marqué au début, c’est la capacité de l’équipe à traiter les problèmes en un temps très court, sur le passage des tensions notamment. Le format de la Triage nous fait gagner énormément de temps : là où un sujet pouvait prendre six mois, il est désormais traité en une réunion.
En tant que facilitateur, je m’assure toujours de traiter les tensions les plus urgentes en premier pour respecter le temps imparti des 45 minutes. Parfois, il arrive qu’une tension prenne 40 minutes à traiter, c’est arrivé récemment. Dans ces cas-là, je m’assure que les tensions moins urgentes, tel qu’un partage d’infos, soient déplacées à la prochaine triage.
Il y a un grand besoin de plasticité, ou même d’élasticité ! Il faut être capable d’adapter le format. Il y a des tensions sur lesquelles je suis très rigoureux et d’autres où je dois laisser plus de place.
Par exemple, on a récemment traité des tensions importantes, résultant de tensions précédentes. Ça nécessitait beaucoup de temps de parole. Dans les moments comme ça je laisse les personnes s’exprimer.
Si j’ai une seule tension, c’est super, on parle. Si j’en ai plusieurs, il faut aller plus vite. Il faut vraiment avoir du flair et être capable de s’adapter.
Il m’est arrivé de douter, notamment lors d’ateliers d’innovation ou de réunions de stratégie produit.
Un exemple marquant qui me vient en tête : lors d’une réunion stratégique longue, avec des participants fatigués, j’ai senti que la dynamique pouvait basculer. Je savais que c'était une phase compliquée à passer. J’avais assisté à une réunion de stratégie tout aussi compliquée peu de temps avant, et grâce à cette expérience j’avais pu apprendre directement sur le terrain en tant que facilitateur. Il a fallu trouver une solution sur le moment, maintenir le cap et aller jusqu’au bout malgré la fatigue collective.
Cette même réunion stratégique a finalement été une réussite. L’objectif était de définir la stratégie 2026, et nous y sommes parvenus.
Aujourd’hui, cette stratégie est utilisée comme référence pour prendre des décisions en triage, ce qui confirme la valeur du travail réalisé.
Mon évolution en tant que facilitateur s’est construite grâce à plusieurs éléments : la pratique, les erreurs, et surtout les feedbacks.
Certains retours, notamment de personnes plus exigeantes et rigoristes sur le cadre, m’ont permis de progresser. Plus récemment, on m’a aussi fait remarquer que j’avais trouvé un bon équilibre dans le temps de parole laissé aux participants.
J’ai également appris à mieux responsabiliser les personnes qui amènent une tension, sans chercher à résoudre les choses à leur place.
J’ai aussi beaucoup appris en observant d’autres facilitateur·ices : c’est très instructif ! Tous les cercles n’ont pas les mêmes enjeux, et les styles de facilitation varient.
On me fait parfois des retours en tour de clôture sur ma facilitation. Ça me permet de comparer les approches et d’apprendre collectivement.
Pour moi, la priorité est de rester centré sur la personne qui apporte une tension. Elle doit repartir avec une réponse, ou au moins une piste concrète.
Même si le chemin n’est pas clair au départ, l’objectif est de parvenir à une forme de résolution. La personne doit trouver une porte de sortie, c’est essentiel.
Le premier conseil est de prendre du plaisir. Dans ce type d’organisation, les relations ne peuvent être que bienveillantes, et cela permet de s’exprimer et d’essayer.
Ensuite, il faut accepter que la facilitation ça s’apprend. On n’est pas forcément à l’aise dès le début, et c’est normal. Les feedbacks sont essentiels, à toutes les étapes. Il faut en avoir conscience et les écouter.
Et puis je pense qu’il n’existe pas une seule bonne manière de faciliter. Chacun doit trouver son propre style, en fonction de son contexte, de son organisation et de son équipe.






